Alcool, stupéfiants, médicaments : une méthode complète en 4 étapes pour mettre en place une démarche de prévention et de contrôle juridiquement solide, de la mise à jour du règlement intérieur à l’accompagnement des salariés.
Source : « L’essentiel du risque routier professionnel, chiffres 2023 », ministère du Travail.
La consommation d’alcool, de stupéfiants ou de certains médicaments altère la vigilance, les réflexes et le jugement. Pour les salariés qui conduisent ou occupent un poste à risques, l’enjeu est vital, et l’employeur a une obligation légale d’agir.
L’employeur doit prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs » (art. L4121-1 du Code du travail). La prévention des pratiques addictives en fait pleinement partie.
L’alcool (12 %) et les stupéfiants (9 %) figurent parmi les cinq premières causes d’accident mortel sur les trajets domicile-travail ; les stupéfiants (8 %) parmi les cinq premières en mission (ONISR, 2023).
L’objectif premier de la démarche est la protection du salarié et de son entourage professionnel, pas la sanction systématique. Une démarche transparente, co-construite avec le comité social et économique (CSE) et les services de prévention et de santé au travail (SPST).
Les 3 principes directeurs de la démarche
Ne jamais isoler les contrôles : les intégrer dans une démarche plus large de prévention des risques professionnels.
Communication ouverte avec les salariés, les instances représentatives du personnel (IRP) et les managers, à chaque étape du projet.
L’objectif des contrôles est de protéger le salarié, ses collègues et l’entreprise, pas la sanction systématique.
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Un déploiement réaliste en 6 à 9 mois
M1 = le premier mois de votre projet, celui où la direction décide de lancer la démarche. Les actions sont classées par ordre de démarrage réel.
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La sensibilisation démarre dès l’information du CSE, par transparence, et se poursuit bien après les premiers contrôles : affiches, réunions d’équipe, quiz, e-learning, cafés débats, conférences d’addictologue. Elle doit avoir touché tous les salariés concernés avant le premier test. Durées indicatives, à ajuster selon la taille de l’entreprise et le rythme du dialogue social ; seuls les deux délais en orange sont imposés par la loi.
Étape 1 · Objectif : protéger la santé et interdire alcool & drogues sur les postes à risques
Le règlement intérieur (RI) est la base juridique de toute la démarche. Il doit établir le lien entre les activités de l’entreprise et les risques excluant toute consommation de substances psychoactives.
Étape 2 · Objectif : promouvoir le dialogue social et valider le RI
L’implication du CSE est primordiale pour favoriser le dialogue social et la communication avec les salariés. Associer les Services de Prévention et de Santé au Travail (SPST) le plus en amont possible est indispensable.
Étape 3 · Objectif : former, organiser et mettre en œuvre les contrôles
Seuls les salariés exerçant les activités prévues dans la liste des postes de travail dangereux peuvent être soumis aux tests. La montée en puissance est progressive :
Étape 4 · Objectif : protéger, accompagner et, le cas échéant, sanctionner
En cas de test positif, la priorité absolue est la mise en sécurité du salarié, la conduite à tenir est similaire à celle d’un salarié présentant des signes de malaise.
Présence d’un témoin appartenant à l’entreprise lors de chaque test.
Obtenir l’accord de la personne testée. Un refus est considéré comme positif et expose à sanction.
Droit à un contre-examen médical en laboratoire, identifier en amont les laboratoires de proximité.
Assurer la confidentialité des tests pour préserver la dignité du salarié.
Tests réalisés uniquement par des personnels formés et habilités, avec matériel étalonné mentionné au PV.
Celui qui conduit le test le fait en premier, l’engagement de la hiérarchie est visible.
Extraits officiels du Code du travail (source : Légifrance). Chaque carte renvoie vers le texte intégral en vigueur.
« L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent : 1° Des actions de prévention des risques professionnels […] ; 2° Des actions d’information et de formation ; 3° La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. »
« Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. »
« Le règlement intérieur est un document écrit par lequel l’employeur fixe exclusivement : 1° Les mesures d’application de la réglementation en matière de santé et de sécurité […] ; 3° Les règles générales et permanentes relatives à la discipline, notamment la nature et l’échelle des sanctions. »
L’inspection du travail contrôle la légalité du règlement intérieur et « peut demander le retrait ou la modification d’une clause » contraire à la loi.
« Aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n’est autorisée sur le lieu de travail. » Lorsque cette consommation est susceptible de porter atteinte à la sécurité et à la santé, l’employeur prévoit au RI des mesures pouvant aller jusqu’à « une interdiction de cette consommation », « proportionnées au but recherché ».
« Il est interdit de laisser entrer ou séjourner dans les lieux de travail des personnes en état d’ivresse. »
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La base de la démarche : un RI clair et précis avec 3 points essentiels, liste limitative des postes à risques particuliers, témoin, contre-examen.
L’objectif premier est la prévention des risques, pas la sanction.
Transparente et régulière, auprès de tous les acteurs : salariés, instances représentatives du personnel (IRP) et managers.
Les personnes réalisant les contrôles doivent être formées, compétentes et habilitées.
Chaque contrôle est réalisé strictement selon ce que prévoit le règlement intérieur, condition de validité des sanctions.
Commencer par des tests à blanc, puis des contrôles prévus, avant les contrôles inopinés.
Répondez aux 12 questions : votre score de maturité se calcule en direct, avec les actions prioritaires à mener. Exportez ensuite votre plan d’action en PDF, accompagné d’un conseil pour chaque élément.
Les recommandations s’afficheront ici au fil de vos réponses.
Le vocabulaire de la prévention est plein de sigles. Voici ce que chacun veut dire, et surtout à quoi il sert dans la démarche.
Sur le reste de la page, chaque sigle est souligné en pointillés : passez la souris dessus pour en voir la définition sans quitter votre lecture.
Cette démarche a été co-construite avec les entreprises membres du Club Entreprises Sécurité Routière du Rhône et la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes. Rejoignez le club pour échanger avec des préventeurs qui l’ont déjà déployée, et signez la charte « 7 engagements pour une route plus sûre ».
Ce document d’information ne se substitue pas à un conseil juridique. Chiffres : « L’essentiel du risque routier professionnel, chiffres 2023 », ministère du Travail. Textes et décisions : Légifrance.